Le succès d’un blog pro tient pour beaucoup d’une manière de storytelling (le bouquin de Salmon ici). Je sacrifie volontiers au mot à la mode, mais on pourrait parler plus simplement de récit.
Racontez une histoire, ayez le sens de l’annonce, du suspens même ; faites partager les différentes étapes de vos projets ; voilà en gros ce qui peut agréger à la longue, un lectorat. Et si au bout, l’histoire aboutit à une success story, c’est évidemment encore mieux !
Deux exemples. Celui du jour d’abord : Altaïde de Jacques Froissant. Il vient d’annoncer qu’il pose un orteil à San Francisco pour compléter son business. Bonne chance à lui (c’est une super idée).
Pour le reste, et pour en revenir au sujet qui m’occupe (le blog pro) je note que les réactions de lecteurs sont très nombreuses chez Jacques Froissant. J’ai notamment gardé à l’esprit le commentaire de « Guillaume » : « C'est génial de suivre l'évolution d'Altaïde. » Tout est dit. Sans faire insulte à Guillaume, on dirait un môme qui regarde un spectacle de magie.
La part de rêve - ici, avec les US - c'est sans conteste un autre aspect de l'attractivité d'un récit.
J’en viens justement à mon deuxième exemple, Loïc le Meur.
LLM est le premier à avoir compris l’importance du récit d’entreprise on line via son blog pro (également semi-privé d’ailleurs). De fait, son départ il y a un peu plus d’un an (de mémoire) à San Francisco a donné lieu à une série de billets très suivis.
A cela il faut ajouter les épisodes conduisant à la création de Seesmic, autre élément de récit (et de rêve) très fort.
Cela tendrait à montrer que pour qu’un récit d’entreprise soit intéressant, pour qu’il y ait suspens, il faut être une start-up, ou tout au moins, un créateur d’entreprise atypique.
Autrement dit, c'est comme si le chef d’entreprise limougeot, héritier d’une entreprise pluriséculaire de porcelaine, semblait condamné à mouler des assiettes dans le secret du bocage, quand d’autres trustent les unes de magazines business et les requêtes Google à coup d’innovations IT et de croissance à deux chiffres. Condamné vraiment ? Je ne le crois pas...
Théière, vers 1880 - Fabricant : Attribué à Haviland - Limoges, France - Motifs de roses moussues - Musée canadien des civilisations
Même si de fait, les audiences ne sont pas les mêmes selon les biens que l’on fabrique ou les services que l’on offre, l’important est de trouver son public puis de se mettre en phase avec lui, de coller le plus possible à ses attentes, de savoir l’intéresser par une politique éditoriale dotée d’un véritable contenu informatif et émotionnel.
Au fond, la pratique du blog pro nous pose une seule question : « qu’est-ce qui fait sens dans mon travail, dans mon entreprise, sur quelles valeurs, quelle histoire repose-t-elle, vers quel espace regarde-t-elle ? » Il faut alors puiser dans la culture de l’entreprise, dans son identité pour tirer les bons fils, un peu à la façon d'un marionnettiste, en exploitant toutes les ressources et les opportunités narratives, lorsqu'elles sont pertinentes.
- En définitive, le blog pro relève à mon sens d'une véritable mise en scène convoquant les outils (écrit, vidéo, widgets divers) qui permettront de donner à l’entreprise (ou à l’entrepreneur) le premier rôle.
Si le spectacle est bon, il sera suivi. A Limoges ou dans la Valley...
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