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    15 mai 2008

    Bloguer contre le temps qui passe...

    Très bon article de Christophe Logiste sur Révolution 2.0 : comment gérer son temps quand on blogue et, a fortiori, quand on tient plusieurs blogs. Pas évident, n’est-ce-pas. D’autant si l’on ajoute à cette activité, l’essentiel : le travail (qui fait vivre), la vie (de famille), etc. Bref, c’est à lire.

    Personnellement, je souscris à l’idée qu’il faut être très organisé et rigoureux dans la gestion de son temps. C'est certain, bloguer s'ajoute à une to do list déjà sévère, mais c'est tellement passionnant !

    Le blog de Christophe Logiste.

    08 mai 2008

    Créer une communauté sur le web ? Raisonnez Lego, et pas ego.

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    Beau papier de Pierre Haki co-fondateur de Rue89 pour le premier anniversaire du site (c’est dingue, comme le temps du web passe vite, j’ai l’impression que la Rue existe depuis des années).

    J’ai repris quelque uns des éléments qu’il évoque, avec mes remarques, comme ça, spontanément, sur ce qu’un site à vocation communautaire aurait intérêt à prendre en compte.

    • « Ce site est né sans grand groupe de presse, sans investisseurs professionnels, sans financements occultes. Il a démarré avec peu de moyens mais beaucoup de motivation (...) » L’étincelle d’abord « l’idée » puis, dans le même mouvement, une énorme motivation, l’envie, le désir... Désir de parler avec l’autre, désir de l’autre...
    • « Chaque jour, des dizaines d'e-mails parviennent à Rue89, contenant des alertes sur des infos vues ou entendues ailleurs, des témoignages, des propositions d'articles ou de contributions diverses, des coups de coeur ou des coups de gueule... » Générer de l’envie, se faire carrefour, agrégateur d’opinion, « ruche » d’opinions (cela fait du miel) ; être un goulet d’information, un puits de contenus, de témoignages...

    • « Cette équipe brasse les générations (des "natifs" et des "convertis" à Internet), les origines professionnelles (...) » Se reposer sur des valeurs fortes mais fonctionner sans dogme, de façon transversale, attirer les talents divers, savoir les faire travailler ensemble, détecter les synergies possibles, raisonner Lego et pas ego...
    • « (...) nous avons pu gérer l'évolution de notre système de commentaires: souvenez-vous du "courageux anonyme" auquel, ensemble, nous avons donné la mort à l'automne, permettant de dépolluer les débats, un élément-clé du projet de Rue89, de l'aspect défouloir que générait l'anonymat complet. » Etre capable de gérer les effets pervers du participatif, responsabiliser, savoir dire non, savoir dire stop...
    • « Pour développer plus encore la dimension communautaire du site, nous allons introduire dans les prochaines semaines de nouvelles fonctionnalités, qui permettront de personnaliser "votre" Rue89, de créer des réseaux à l'intérieur de la communauté en fonction de vos centres d'intérêts et affinités. Bref, de faire encore plus de cette Rue votre rue. » Faire vivre et faire grossir la communauté, multiplier les passerelles pour révéler des affinités entre les membres, multiplier les raisons de se retrouver, d’échanger, de communiquer...

    Pour info, le tout premier billet semble-t-il. Quel chemin parcouru depuis un an !

    A noter un très beau travail du photographe Gilles Vidal qui me donne une idée pour un client...

    05 mai 2008

    Réseaux sociaux granulaires, pour ou contre ? Ou les deux ?

    Sujet très intéressant sur Internet Actu : la "granularité" des réseaux sociaux.

    En deux mots voici l’état des lieux : les réseaux sociaux (type Facebook) tendent à imposer sans discrimination une information entre un membre et ses amis. Le facebooker aime telle chose, mais tous ses amis ne l’aiment pas, seulement certains y sont sensibles. L’inverse est valable, il reçoit nombre de sollicitations venant certes « d’amis », mais qui diffèrent singulièrement de ses attentes. Inadéquation, donc, et bavardage inutile, et perte de temps, etc. 

    Une approche plus fine, tel que Thomas Vander l’imagine, permettrait de cibler les contenus ou informations que l’on souhaite partager avec les amis qui partagent le même intérêt. Et seulement eux. C’est le principe du réseau social « granulaire » et c’est d’ailleurs clairement comme cela dans la vraie vie. Au bout du compte, cette approche consiste à exercer un jugement sur les choses qui nous apparaissent en tant que bruit ou signal. On rejette le bruit, on garde le signal. On reçoit des choses qui nous intéressent de nos amis parce qu’elles correspondent aux choses que l’on apprécie déjà, et non plus ce fourre-tout assommant... En résumé, on en revient à un modèle relationnel plus traditionnel.

    Mais au fait, l’intérêt du web vivant n’est-il pas de permettre justement de sortir de ce modèle traditionnel pour une approche plus indéterminée, moins formelle ? Je diffuse mes contenus depuis mon compte Facebook : vous prenez, ou vous ne prenez pas. Vu comme cela, le web est bien ce que nous connaissons de lui (et ce que des gens comme Thomas Vander lui reprochent) une sorte de grande halle aux idées, certes cacophonique, où se mêlent impressions, informations, contenus ; une sorte de marketplace en somme : tu prends, ou tu prends pas ? Puis chacun passe à autre chose...

    Josie Fraser, blogueuse anglaise spécialistes des communautés web souscrit plutôt à ce modèle en opposition à celui suggéré par Thomas Vander. Et elle reprend de façon assez intéressante cette histoire de bruit et de signal.

    « (...) signal and noise are entirely subjective concepts, dit Josie Fraser à propos de la théorie de Thomas Vander. They aren't even stable. What's noise to me on Tuesday morning might be be signal from heaven on Wednesday evening ». En effet, les jours (et les besoins) se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Un même événement peut être considéré comme un bruit un jour et se révéler comme signal, fort utile, le lendemain. C’est une idée intéressante en cela qu’elle laisse toujours place au possible, à l’ouverture, à des « obliques », comme dirait peut-être ici Deleuze.

    02 mai 2008

    Web 2.0 : une re-création de soi

    " Sur internet, la publication de son profil permet la recréation de soi autant que la course à la célébrité. A l'heure où chacun maîtrise de mieux en mieux les outils de communication - monter, mixer, retoucher devient à la portée de tous -, les blogs et réseaux sociaux constituent, tout autant qu'une exhibition au tout-venant, une soigneuse mise en scène de soi. Le dernier avatar de la longue aventure de la constitution de l'intime et de sa sortie dans le public est peut-être l'histoire, en train de se dessiner, de la recréation de soi dans l'espace commun, d'une nouvelle pudeur créatrice qui, eu lieu de la course à la célébrité, consacre les vertus de la retenue et du dialogue dans un espace public enfin libéré des égoïsmes particuliers."

    Michel Eltchaninoff - La souveraineté du people, article dans Philosophie magazine N°19 "vie publique, vie privée"

    je trouve très prometteuse cette idée de pudeur créatrice. A creuser pour voir...

    29 avril 2008

    Le blog pro, ou l’art de la mise en scène d’entreprise

    Le succès d’un blog pro tient pour beaucoup d’une manière de storytelling (le bouquin de Salmon ici). Je sacrifie volontiers au mot à la mode, mais on pourrait parler plus simplement de récit.

    Racontez une histoire, ayez le sens de l’annonce, du suspens même ; faites partager les différentes étapes de vos projets ; voilà en gros ce qui peut agréger à la longue, un lectorat. Et si au bout, l’histoire aboutit à une success story, c’est évidemment encore mieux !

    Deux exemples. Celui du jour d’abord : Altaïde de Jacques Froissant. Il vient d’annoncer qu’il pose un orteil à San Francisco pour compléter son business. Bonne chance à lui (c’est une super idée).

    Pour le reste, et pour en revenir au sujet qui m’occupe (le blog pro) je note que les réactions de lecteurs sont très nombreuses chez Jacques Froissant. J’ai notamment gardé à l’esprit le commentaire de « Guillaume » : « C'est génial de suivre l'évolution d'Altaïde. » Tout est dit. Sans faire insulte à Guillaume, on dirait un môme qui regarde un spectacle de magie.

    La part de rêve - ici, avec les US - c'est sans conteste un autre aspect de l'attractivité d'un récit.

    J’en viens justement à mon deuxième exemple, Loïc le Meur.

    LLM est le premier à avoir compris l’importance du récit d’entreprise on line  via son blog pro (également semi-privé d’ailleurs). De fait, son départ il y a un peu plus d’un an (de mémoire) à San Francisco a donné lieu à une série de billets très suivis.

    A cela il faut ajouter les épisodes conduisant à la création de Seesmic, autre élément de récit (et de rêve) très fort. 

    Cela tendrait à montrer que pour qu’un récit d’entreprise soit intéressant, pour qu’il y ait suspens, il faut être une start-up, ou tout au moins, un créateur d’entreprise atypique.

    Autrement dit, c'est comme si le chef d’entreprise limougeot, héritier d’une entreprise pluriséculaire de porcelaine, semblait condamné à mouler des assiettes dans le secret du bocage, quand d’autres trustent les unes de magazines business et les requêtes Google à coup d’innovations IT et de croissance à deux chiffres. Condamné vraiment ? Je ne le crois pas...

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    Théière, vers 1880 - Fabricant : Attribué à Haviland - Limoges, France - Motifs de roses moussues - Musée canadien des civilisations

    Même si de fait, les audiences ne sont pas les mêmes selon les biens que l’on fabrique ou les services que l’on offre, l’important est de trouver son public puis de se mettre en phase avec lui, de coller le plus possible à ses attentes, de savoir l’intéresser par une politique éditoriale dotée d’un véritable contenu informatif et émotionnel.

    Au fond, la pratique du blog pro nous pose une seule question : « qu’est-ce qui fait sens dans mon travail, dans mon entreprise, sur quelles valeurs, quelle histoire repose-t-elle, vers quel espace regarde-t-elle ? » Il faut alors puiser dans la culture de l’entreprise, dans son identité pour tirer les bons fils, un peu à la façon d'un marionnettiste, en exploitant toutes les ressources et les opportunités narratives, lorsqu'elles sont pertinentes.

    • En définitive, le blog pro relève à mon sens d'une véritable mise en scène convoquant les outils (écrit, vidéo, widgets divers) qui permettront de donner à l’entreprise (ou à l’entrepreneur) le premier rôle.

    Si le spectacle est bon, il sera suivi. A Limoges ou dans la Valley...

    12 avril 2008

    Pour un autre twitter

    Vous trouvez ce blog un peu délaissé, un peu comme un plante verte au teint gris-poussière dans la salle d'attente d'un médecin de sous-préfecture au bord de la retraite ?

    C'est simplement le fait que je suis un peu, beaucoup, passionnément, débordé par le boulot.

    Et comme on n'a pas encore inventé le blog auto-éditeur capable de faire le boulot à la place du blogueur...

    A part ça, récupéré via TechCrunch ce matin, ce petit dessin signé Hugh Mc Leod.
    Hughmcleodtwittercartoon_4
    Bien vu non ? Le dénommé Hugh annonce sur son blog qu'il a décidé de supprimer son compte en précisant : "I liked Twitter. But I found it too easy. I think my time would be better spent drawing cartoons and writing books."
    Et oui, les journées font 24h et la vie ne se résume pas à entretenir des conversations surtout lorsqu'on veut entreprendre, créer, etc.

    Question : la twitturation (si l'on me passe l'expression) n'aurait-elle pas tout à gagner à monter en qualité pour déboucher sur de jolies triturations, autrement dit des conversations plus riches, plus qualifiées ? C'est ici un avis plus personnel que professionnel.

    Un exemple ? un twitt nullement matérialiste et prosaïque, mais "psychologique", "intellectuel", "affectif" où chacun (sous pseudo ou non) fait part de ses pensées, réflexions, impressions ; le tout créant un climat, un halo de liens qui, dans les meilleurs cas, pourraient produire de saines - et fortes - connivences et rencontres.

    Bon, sur ce "je vais me refaire un café" puis "je vais enfiler un pull parce qu'on est encore en avril" et "cet après-midi j'irai faire un tour au salon Planète durable".

    26 mars 2008

    Swotti, moteur de recherche sémantique

    Le web sémantique pointe le bout de son nez. Voici Swotti, un moteur de recherche espagnol (anglophone et hispanophone en fait). Un seul mot : « intéressant ». Enfin plutôt quatre : « intéressant » et  « très intéressant même ».

    Le principe de Swotti tel que je crois l’avoir compris à travers le billet d’Eric Baillargeon, est d’agréger les avis de blogueurs, sites et forums sur un produit ou service donné, en l’occurrence la requête que l’on formule. La différence avec Google et autres moteurs de recherche de type « www », c’est d’offrir une vision plus claire des réponses que l’on pourrait qualifier d’avis, ainsi que leur hiérarchisation multicritère.

    Bref, Swotti serait l’expression - sans doute encore imparfaite - de ce qu’on appelle le web sémantique lequel repose sur le graphe social, c’est-à-dire l’individu-internaute dont l’avis (justement) est référencé en tant que tel et non plus noyé dans les contenus « www ». Conceptuellement parlant, on se préparerait donc à quitter les rives du web2.0 pour aborder celles du Web 3.0 ; à en croire tout au moins Joël de Rosnay.

    Ouf… J’espère que j’ai été clair… Bon je retourne à mon fourneau.

    J‘oubliais, à titre d’exemple, voici une copie d’écran avec la locution « social business ». danone.communities n'apparaît ici qu’en deuxième page... sur deux. Bref, on n'en est qu'au début.

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    18 mars 2008

    Réseau sociaux : l’éthique fera-t-elle la différence ?

    « La vraie question, aujourd’hui, va être la monétisation des réseaux sociaux. Et là on entre en terra incognita. Parce que c’est clairement là qu’est la valeur des réseaux sociaux, et c’est clairement là qu’est le risque pour la vie privée. Et c’est là qu’on verra l’éthique des services. »

    Tariq Krim à Médiapart

    16 mars 2008

    Enjeu possible pour le web demain : trouver des « mêmes » et les hisser à la tête de communautés

    Dans la grande foire communautaire du web actuel, les communautés dites de « niche » apparaissent comme les plus solides car davantage identifiables.

    La spécialisation - l’hyper segmentation même - seraient de puissants aimants pour des catégories précises de personnes avec un dénominateur commun : la passion. C’est ce que rappelle assez justement Eric Dupin.

    On pourrait ajouter que le cœur « passionnel » d’une communauté de niche repose sur une connivence naturelle entre le ou les émetteurs du message et les lecteurs.

    Au bout du compte, ce qui était déjà vrai hier dans la cellule sociale traditionnelle (famille, ami, quartier, village), réémerge sur le net aujourd’hui : pour parler à un public, l’idéal est que le message soit distribué par un « même » - ou des « mêmes ».

    Le même, c’est celui qui vous parle et que vous écoutez parce qu’il évolue dans le même espace socio-culturel que vous. Mieux, il semble se détacher du groupe originel pour parler.

    Si l’on se place maintenant du point de vue des marques, l’enjeu pourrait être de détecter et recruter des « mêmes » talentueux, capables de cultiver cette connivence naturelle avec un public ; clientèle ou clientèle potentielle. Très concrètement, on peut imaginer par exemple que l’utilisateur averti de chaussures de jogging doté de réelles capacités relationnelles et éditoriales se mettent au service d’une marque et génère autour de lui des clients de cette marque constitués en communauté de fans. Cette dernière n'ayant pas pour objectif d'être crédible - à l'image d'une communauté citoyenne, politique ou autre - mais d'être attractive.

    La question est ensuite : verra-t-on apparaître dans les prochaines années une surenchère autour d’une espèce d’animateur web charismatique, payé cher, ou très cher ?

    07 mars 2008

    Saines lectures (I)

    C’est le printemps, les idées fleurissent, comme cette petite rubrique qui me plaît bien : vous faire part des quelques billets et lectures qui ont marqué ma semaine sur le web et sur le papier.

    • Le web d'abord

    Sur le social business en action au Bangladesh avec danone.communities*. Un concept encore mal connu mais plein d’avenir, j’en suis convaincu. A lire ici.

    Sur l’entrepreneuriat senior et le blog d’Alain Gavand*. Les late-life entrepreneurs comme on les appelle outre-Manche. Créer sa boîte à 60 ans ? Possible.

    A lire aussi, pour ceux et celles qui s’intéressent aux blogs, la méritante série de Mickaël. Les blogs ne sont pas morts. Ils mutent. Sans doute. C’est là.

    Et puis tout de même cette information importante ;-) "Les femmes disent ressentir plus d'attirance sexuelle et plus d'affection envers leurs maris s'ils participent aux tâches ménagères". Mignon, non ?

    (* Je précise que danone.communities et Alain Gavand sont des clients)

    • Passons au papier.

    Je finis une présentation de l’œuvre de Gilles Deleuze. Passionnant : « La manière dont nous entrons en rapport avec l’Idée ne peut plus être comprise sur le modèle classique du savoir constitué qui est celui de la représentation, car il n’est plus question de rejoindre le réel, de reconnaître un objet ou de rassembler des données sous un concept, mais d’apprendre et d’expérimenter, c’est-à-dire d’inventer des solutions en rapport avec des problèmes.» A. Bouaniche.

    J’entame le très grand livre d’Anne Cheng sur la « Histoire de la pensée chinoise ». Un extrait :
    « La pensée chinoise n’est pas de l’ordre de l’être, mais du processus en développement qui s’affirme, se vérifie et se perfectionne au fur et à mesure de son développement…/… Les coupes d’opposés (…) déterminent une forme de pensée, non pas dualiste (…) mais ternaire en ce qu’elle intègre la circulation du souffle qui relie les deux termes. »

    Arnaud Bouaniche - Gilles Deleuze, une introduction - Pocket
    Anne Cheng - Histoire de la pensée chinoise - Seuil